Hypnose Médicale
Formation en Hypnose Médicale, Paramédicale, réservée exclusivement au Corps Médical, aux thérapeutes titulaires d'un diplôme d'Etat, ou d'un numéro Adeli. Formations en Hypnose centrées Douleur Chronique et Aiguë, EMDR-IMO

Douleur et fin de vie. Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°65



Métaphore pour accompagner une demande de sédation terminale.
L’hypnose et des parfums de cuisine pour accompagner cette patiente qui a fait le choix d’une sédation terminale...


Douleur et fin de vie. Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°65
Depuis de nombreuses années la gériatrie s’est refusée à se présenter uniquement comme une « médecine dite contemporaine », c’est-à-dire une médecine d’organe, axée sur des soins curatifs médicotechniques ou rentables. Elle a toujours défendu une prise en soin « gérontologique » intégrant une prise en charge globale, en transdisciplinarité, une médecine intégrative, humaniste et sociale. La médecine gériatrique réagence les deux visions du « Care » et du « Cure » afin qu’elles puissent s’articuler simultanément dans nos pratiques, en étant confrontés à une double logique d’intervention, une thérapeutique et une d’accompagnement.

LA GÉRIATRIE, MÉDECINE DE L’INCURABLE

La gériatrie s’occupe des patients atteints de maladies neurodégénératives (MND), de maladies chroniques échappant au fur et à mesure de leur évolution à tout recours thérapeutique, mais aussi de patients en fin de vie. Elle a contraint les praticiens à accepter que les personnes âgées ne se con - tentent pas de lutter « contre » leur maladie. Avant tout, elles « vivent avec ». La gériatrie est une médecine de l’incurable, une médecine qui permet d’aider les personnes malades à « faire face » ou à « faire avec » le mal, et pas seulement à « faire contre » (1). Certains patients atteints de MND présentent à la fois des signes d’absence (arrêt des échanges verbaux et paraverbaux) mais aussi de présence. Ce sont parfois des « spationautes » ayant la capacité de faire cohabiter souvenirs du passé et du présent, les corps sont fatigués, usés... L’univers gériatrique est aussi un univers d’associationdissociation permanent... Beaucoup de patients âgés atteints de MND sont dissociés, en transe quotidienne spontanée avec des syndromes de répétition invalidants, régressions en âge, affranchissements des contraintes du réel, recours à l’imaginaire en distorsion temporelle, etc. Ils sont absorbés dans leurs souvenirs et absents de notre réalité, de notre présent. Les regards sont tournés vers une intériorité. Cela ressemble bien à une présence/absence, à une dissociation... Les techniques d’hypnose permettent alors de faire entrer en résonance nos deux mondes. Dès lors, dans cet univers déjà habitué à ce mouvement permanent entre association, dissociation, réassociation, est-ce si étonnant que l’hypnose trouve sa place ?

Malgré les différents plans de lutte contre la douleur, la douleur physique touche 65 % à 86 % des personnes âgées. La personne âgée souffre à la fois de pathologies chroniques qui s’aggravent et d’autres aiguës. Cependant, hormis lors d’acutisations algiques, les personnes âgées se replient souvent dans le silence, sollicitent très peu les soignants et craignent les médications, en particulier la mal nommée « mort fine ». Les soignants éprouvent des difficultés à interpréter ce silence, à évaluer l’intensité de la douleur et risque de iatrogénie. Dans la plupart des situations, on retrouve une souffrance physique et morale, s’exprimant par un registre de plainte, de lassitude et avec un discours court et insuffisant. Au-delà de la douleur, c’est la souffrance de la con - science d’un point de non-retour (2).

« MAINTENANT NOTRE VIE S’EST ARRÊTÉE, ON N’A PLUS QUE LES SOUVENIRS »
L’expérience de la douleur physique ou morale participe d’un vécu individuel et subjectif qu’il est difficile de rendre palpable et de communiquer sans effectuer une véritable rencontre thérapeutique avec le patient. L’hypno-analgésie chez la personne âgée peut avoir plusieurs indications : douleurs aiguës, chroniques, induites par les soins... mais celle-ci doit être encore plus créative et malléable pour répondre aux nombreuses modifications liées au vieillissement (perte auditive, trouble de l’attention, troubles cognitifs, handicap) en adaptant ses outils au contexte (3) et en activant les ressources passées et actuelles du patient. Elle commencera toujours par une présentation de l’hypnopraticien. Pour reprendre Jean Becchio, « nous découvrons un patient qui est un “étranger” pour nous et pour lequel nous sommes aussi une personne “étrangère”. Notre premier but consiste à gommer grâce à la technique d’harmonisation cette “étrangeté” qui altère la communication. Nous essayons, paradoxalement, d’oublier le patient pour découvrir l’Homme : où est-il né ? où vit-il ? ses distractions préférées, sa spiritualité, son entourage... ». La rencontre thérapeutique, précédée d’un examen clinique, permet souvent de mettre en lumière l’indicible, d’estimer l’intensité de sa douleur et de fixer des objectifs thérapeutiques et de décider d’utiliser ou de ne pas utiliser l’hypnose... Compte tenu de troubles auditifs, articulaires, les inductions visuelles et kinesthésiques sont à privilégier, les catalepsies pourront se limiter à un doigt.

UNE VIGNETTE : SÉDATION TERMINALE AVEC HYPNOSE

Madame C., 93 ans, est adressée pour un syndrome occlusif sur une tumeur de la charnière recto-sigmoïdienne...


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Dr Serge SIRVAIN Praticien hospitalier gériatre, actuellement chef de service du Court séjour gériatrique du centre hospitalier Alès-Cévennes. DIU Hypnose médicale Montpellier. Formé à l’hypnose en 2010 par Emergences. Formateur et conférencier en hypnose. Membre de l’association Réseau et Famille et Hypno-Gard.

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N°65 : Mai, Juin, Juillet 2022


Sommaire de ce n°65 :
. Julien Betbèze, rédacteur en chef, éditorial : « Créer des liens »

. Jean-Marc Benhaiem nous invite à ne pas nous focaliser sur le symptôme mis en avant dans la demande thérapeutique : il s’agit plutôt de chercher à mobiliser l’énergie bloquée dans d’autres symptômes apparemment secondaires, et ainsi de désorganiser les rigidités pathologiques et amener le changement. Une clinique pleine de sagesse !

. Sophie Tournouër utilise le questionnement centré solution pour défaire les addictions sexuelles conjuguées à la prise de produits psychoactifs. Le déroulé du verbatim nous permet de saisir la logique interne aidant les individus à se libérer de cette pratique asservissante du « chemsex ».

. Mady Faucoup Gatineau nous prend par la main pour rencontrer Théo, un rebelle de 5 ans qui fait sa loi et sème la zizanie dans la famille. Nous découvrons l’utilité de la TLMR (thérapie du lien et des mondes relationnels) pour construire un cadre familial sécure dans lequel chacun va pouvoir retrouver sa place.

Dossier thématique : Histoires et métaphores
. Alicia Mangeot nous raconte des métaphores « sur mesure », favorisant ainsi des changements de comportement en rapport avec les intentions relationnelles des patients. Elle nous donne plusieurs exemples d’utilisation stratégique de métaphores (bibliothèque, cercles relationnels, mille-pattes) favorisant la coopération dans la séance, et la réalisation des tâches indirectement proposées.

. Virginie Serrière exprime une grande finesse dans son appropriation du questionnement narratif : à travers l’animation d’ateliers d’écriture, elle témoigne de la possibilité pour chacun de redevenir auteur de sa vie.

. Marie-Clotilde Wurz-de Baets nous montre sa créativité dans l’utilisation du langage métaphorique pour induire une transe de réassociation chez une jeune femme confuse après une rupture sentimentale.

. Espace douleur douceur
. Gérard Ostermann, éditorial : « Autour de la douleur »


. Stéphane Graf nous montre l’importance de ne pas se focaliser sur le symptôme mis en avant dans la plainte, mais d’intégrer la douleur dans l’unité corporelle.

. Stéphanie Delacour, dans un cas de dyspareunie, met aussi en évidence la pertinence de ne pas centrer la thérapie sur le symptôme, et de percevoir le lien entre la douleur et la rupture d’homéostasie. Grâce à sa prise en charge et à la remise en place de compétences émotionnelles et relationnelles, la patiente va retrouver une vie plus sécure avec une nouvelle relation à son corps.Dans cette période de sortie de la Covid, où les salles obscures se remplissent à nouveau, Sophie-Isabelle Martin et David Simon revisitent pour nous la technique de la salle de cinéma pour travailler avec des patients douloureux ayant très peu de protection. Les interactions sont très bien décrites, avec les multi-dissociations permettant de travailler en sécurité. Un exemple clinique illustre cette pratique avec pédagogie pour que chacun puisse s’approprier cette technique.

. Sophie Cohen expose un cas de bruxisme lié à des croyances limitantes autour des combats de la vie. Après une régression en âge, la patiente pourra retrouver son regard émerveillé de petite fille devant la photo d’une forêt et retrouver ainsi calme intérieur et détente.

. Christine Allary nous emmène en mission humanitaire et nous fait partager la conduite d’une séance d’hypnose faite en traduction simultanée avec le chirurgien. Elle décrit avec précision les effets de cette technique novatrice et fédératrice pour les participants.

. Serge Sirvain décrit une situation clinique émouvante dans laquelle il est amené à mettre en place une sédation terminale chez une patiente de 93 ans atteinte d’une tumeur digestive invasive. Il explique comment la position de non-savoir et l’imaginaire partagé autour d’une métaphore culinaire vont accompagner un endormissement terminal apaisé et en relation.

Et nos rubriques
. Nicolas D’Inca : culture monde « Une perceptude venue du désert ».
. Adrian Chaboche : Les champs du possible « Un lâcher de ballon bien étrange ».
. Sophie Cohen, nouvelle rubrique : bonjour et après « Clémentine et la chaleur qui fait fondre la plaque ».
. Stefano Colombo et Muhuc : Quiproquo… « Métaphores »

Crédit Photo: © Caroline Manière

Laurent GROSS
Responsable Pédagogique In-Dolore, Président du CHTIP, Collège d'Hypnose & Thérapies Intégratives... En savoir plus sur cet auteur



Rédigé le 02/12/2022 à 15:26 | Lu 104 fois modifié le 02/12/2022




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