Algodystrophie et respiration. Jeanne-Marie Jourdren



Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°47

Jeanne-Marie Jourdren
Kinésithérapeute en libéral. Formation en kinésithérapie du sport et sciences de la motricité. Formée à l’hypnose ericksonienne. Chargée de formation à l’Institut Français d’Hypnose et au Collège d’Hypnose et Thérapies intégratives de Paris. Intervenante à l’IFMK du CHRU de Brest.


LA TERRE : l’homme pour avancer dans la vie à besoin de respirer et de se propulser. Sans la terre, il ne peut pas y arriver. Sans la sensation de la terre sous les pieds, il ne peut avancer. La sensation du pied sur la terre et la réaction de la terre sous le pied sont des conditions nécessaires pour se propulser, pour avancer.

L’ancrage des pieds. Pour passer le pas, le pied doit ressentir le sol. Le sol répond par une force réactionnelle. Ainsi, le pied peut propulser le corps vers l’avant. 

Dans de nombreuses techniques énergétiques, on parle de l’importance d’un ancrage corporel pour permettre à l’énergie présente dans le corps de circuler aisément et ainsi laisser le corps en bonne santé. De manière purement physique, il est évident que si une personne ne ressent pas ou peu le sol sous ses pieds, la trophicité globale des pieds, des jambes et du dos va en être modifiée. Cela transformera en conséquence la posture de la personne au fur et à mesure que le temps passe, la façon dont elle va se déplacer.
Sans la sensation du pied sur le sol, la musculature, qu’elle serve à la propulsion ou à l’équilibre, sera moins efficiente. Il sera donc essentiel de travailler les sensations que les pieds échangent avec le sol. Cela va directement améliorer la qualité du mouvement puis la posture de la personne. 

En augmentant les sensations des pieds et des membres inférieurs, la séance améliore la qualité du mouvement directement. Si le mouvement est amélioré, les sensations perçues seront plus variées : un réel cercle vertueux pour le patient.

Le programme moteur de base, c’est-à-dire le mouvement humain, est un cadre de référence qui doit être connu de tous praticiens de santé. Si la posture ne demande pas de pensée consciente, la conscience corporelle vient du système sensoriel. Le système locomoteur fonctionne automatiquement pour protéger le corps et rendre le mouvement efficient. L’organisation du système locomoteur peut être résumé de la manière suivante : 
- une articulation sur deux doit être mobile et permettre aisément le mouvement (MOB) ;
- l’autre articulation doit être alors stable pour transmettre le mouvement (STA).

Zones de mobilités (MOB) :
- cheville 
- hanche 
- dorsales  
- épaules
- poignets.  


Système anti-gravitaire ou de stabilité (STA) : 
- gros orteil et voûte plantaire
- synergie quadriceps - ischiatiques 
- sangle abdominale.

Lorsqu’on observe un patient bouger et se déplacer, il est indispensable de connaître la motricité ordinaire. Sans cette connaissance, bien des hypothèses de traitements peuvent être fausses.

Le pied au sol a plusieurs fonctions. Le gros orteil est essentiellement efficace dans la propulsion. La partie externe du pied permet de transmettre l’équilibre au reste du corps. Lors d’une transe, il semble pertinent de dissocier ces deux fonctions du pied pour mieux activer les compétences de chacune.

Le patient récupère ainsi de bonnes sensations dans les pieds et dans les jambes. La marche en devient plus efficace. L’équilibre s’améliore. C’est le premier niveau de changement.

Pour le corps, cette expérience est essentielle ; la proprioception, c’est-à-dire cette capacité à évaluer les sensations d’un côté et l’autre de la ligne médiane du corps et à adapter la tension de la musculature à l’ici et maintenant, est fondamentale.
Une bonne proprioception est indispensable pour permettre la stabilisation du monde intérieur du patient. Sans cette capacité purement physiologique, le monde intérieur du patient est ressenti comme trop fluctuant, trop chancelant. Le patient décrira souvent de grandes difficultés à être calme et stable autant physiquement que dans sa qualité relationnelle. Cela peut le mettre en difficulté pour avancer dans sa vie. Le travail de proprioception impacte donc la qualité relationnelle que le patient entretient avec son entourage. C’est le deuxième niveau de changement.

Les mains. Les sensations dans les pieds sont nécessaires et celles dans les mains sont indispensables pour bien avancer. Les mains sont aussi importantes pour la marche. Si les pieds propulsent la personne, les mains donneront l’importance de l’espace latéral de la marche. Si le patient n’utilise que peu ou pas ses mains pour avancer, il sera indispensable d’augmenter les sensations dans les mains. Observer la position des mains pendant la marche nous donne de bonnes indications : les mains sont relâchées et souples ou bien les poings sont serrés ? Les sensations perçues par le patient ne sont pas du tout les mêmes en fonction des postures des mains. 

A toutes les étapes de la vie, les mains ont une fonction essentielle pour avancer, découvrir et ressentir le monde qui entoure. Plus leurs habilités seront développées, plus les mains pourront s’adapter à des situations diverses et variées. Inconsciemment, les mains nous relient à tout ce qui nous entoure, elles nous protègent dans certaines situations et expriment bien des choses sur notre monde intérieur par des gestes autocentrés. 
Les mains servent à donner autant qu’à recevoir.
Les mains nous aident à avancer et à nous protéger.



En automne. L'Edito de Sophie Cohen
C’est l’automne et nous nous retrouvons avec les joies de cette saison. Déguster des champignons, s’installer à côté d’un feu de cheminée, être avec un(e) ami(e), apprécier les journées de l’été indien, flâner dans les bois, regarder un film, aller voir une exposition, écouter ici et là un conférencier… lire la Revue, celle-ci, une autre, tout est possible ! 

Comment devient-on thérapeute ? Dr Dominique Megglé
Un jour, un professionnel demande à Erickson : « D’accord, ce que vous faites, ça marche, mais tous ces trucs invraisemblables que vous demandez à vos patients de faire, est-ce que c’est encore de la psychothérapie, est-ce que c’est une authentique activité de soins ? » Erickson lui répond : « Oui, mais personne n’est absolument obligé de le savoir, ni le patient ni le thérapeute. » 

Le corps : guide et mémoire. Mady Faucoup Gatineau
Avec l’HTSMA, j’ai trouvé une manière vivante de travailler qui intègre chacun des courants de la Thérapie brève. Ce qui m’a amenée à m’inscrire dans cette pratique, c’est la construction d’un « être ensemble » dans la perspective d’une approche interactionnelle du vivant. A partir de cette base, le thérapeute va mettre en scène ce qui apparaît dans la thérapie, par la triangulation : en externalisant grâce à l’imaginaire partagé (souvenirs, sensations, images sensorielles) la problématique de la relation (à soi, au monde, à l’autre). 

L’hypnose en prison. Dr Pascal Vesproumis
La reconquête de la liberté du corps et de la pensée face aux toxiques. A propos d’hypnose et de réduction des risques... Il n’y a ni lieu ni moments privilégiés pour arrêter de fumer du tabac, du cannabis, pour arrêter de consommer de la cocaïne, de l’héroïne, pour arrêter de boire de l’alcool, pour s’éloigner des amphétamines, du LSD, des champignons hallucinogènes, pour cesser le mésusage médicamenteux. 

Note Deuxième Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier-Beaufond
Ainsi fait suite à notre Première Note évoquant l’Harmonie comme socle de la pensée de François Roustang, la notion essentielle de Correspondances. L’être humain n’existe pas, insiste notre auteur, sans son contexte. Plongé dans un tissu constitué d’une multitude de relations entre tous les éléments qui composent son existence, chaque être fait exister ces éléments qui l’entourent tout comme ces derniers le font exister. 

Sortir du tunnel de la douleur. Dr Francine Zonens
Lorsque Sophie Cohen m’a proposé de diriger ce dossier thématique, j’ai tout de suite été très intéressée. Montrer la diversité des situations où l’hypnose intervient de façon directe ou indirecte au travers de séances et de la communication thérapeutique est un enjeu majeur pour une professionnelle que je suis qui utilise cette approche depuis plus de dix ans. 

Douleur, littérature et ressources hypnotiques. Anita Violon
« La douleur est infinie, la joie a des limites », Balzac. On dit que les grandes douleurs sont muettes. Rien de plus faux. A l’instar d’autres artistes, les écrivains s’avèrent de fins observateurs et des virtuoses de la transformation. Traité avec une incroyable diversité, le thème de la douleur n’est jamais éculé. En effet, il y a mille façons d’éprouver le lecteur, de le faire frémir d’empathie, de l’entraîner dans un sidérant dépassement de soi, un courage inouï, un détachement surprenant, un remodelage du ressenti. 

Regards croisés sur les douleurs de la chute. Patrick Martin et Aurore Burlaud
Les « TAC » comme aide technique à la marche. La chute de la personne âgée représente une thématique majeure de santé publique. C’est la première cause de mortalité accidentelle. Tous les ans, environ 450 000 personnes âgées de plus de 65 ans font une chute (INVS) de gravité immédiate variable : hospitalisation, décompensation des pathologies chroniques, fractures, douleurs, dépression, perte d’autonomie, entrée en institution et décès. 

L’hypnose dans les situations d’urgence. Dr Jacques Wrobel
Les techniques hypnotiques peuvent apporter une aide précieuse en situation d’urgence, que ce soit lors d’une immobilisation, à l’occasion d’une désincarcération ou d’une mise en condition, mais aussi dans certaines situations obstétricales ou lors de soins dentaires. L’induction furtive de l’hypnose peut s’avérer d’une grande utilité chez ces patients douloureux aigus, dont l’anxiété légitime peut intensifier notablement les souffrances.

Algodystrophie et respiration. Jeanne-Marie Jourdren
L’ancrage des pieds. Pour passer le pas, le pied doit ressentir le sol. Le sol répond par une force réactionnelle. Ainsi, le pied peut propulser le corps vers l’avant. Dans de nombreuses techniques énergétiques, on parle de l’importance d’un ancrage corporel pour permettre à l’énergie présente dans le corps de circuler aisément et ainsi laisser le corps en bonne santé.

Hypnose et douleurs neuropathiques. Dr Jean-Pierre Alibeu
La douleur chronique est toujours multifactorielle, associant une atteinte réelle ou virtuelle des voies de la nociception à des éléments de fragilité qui font le lit de la chronicisation : traumatismes anciens ou récents, pathologies associées, concomitantes. L’importance de l’anamnèse est au premier plan, elle permet de mettre du sens et ainsi de choisir la stratégie thérapeutique où l’hypnose va trouver sa place et son efficacité dans un projet partagé avec le patient. 

"Je dois tout contrôler". Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 47
« Bonjour Docteur, je vous appelle pour un rendez-vous ? » « Bonjour Docteur » fait vieux jeu. Je suis jeune, « in », pas coincé. Je pourrais dire : « Salut Doc ! », non, non, cela fait trop copain-copain. « Excusez-moi, Docteur, de vous déranger » Horrible ! C’est du langage du siècle passé. Et en plus, pourquoi m’excuser ? 

La voix du thérapeute. Dr Dina Roberts
« Ma voix t’accompagnera », expliquait Erickson à ses patients. Mais quelle voix peut au mieux accompagner un patient en hypnose ? Comment faire en sorte qu’elle soit le plus adaptée à ce contexte ? Tant de patients expriment en fin de séance que c’est la voix du thérapeute qui a été la plus importante. Et pourtant, sauriez-vous décrire précisément en quoi elle diffère de la voix habituelle ? Nous sentons bien qu’il y a un changement mais celui-ci est le plus souvent très intuitif.


Les Grands Entretiens: Teresa Robles. Par Gérard Fitoussi
Chère Teresa, merci d’accepter de répondre à ces questions pour notre revue « Hypnose et Thérapies brèves ». J’avais envie de le mener depuis longtemps étant donné la place que tu occupes depuis les débuts dans le monde de l’hypnose notamment au Mexique et au niveau international. Peux-tu nous parler un peu de toi, ta famille et ton parcours professionnel ? 

Livres en bouche. Christine Guilloux
La force de la vulnérabilité : Utiliser la résilience pour surmonter l’adversité, Consuelo C. Casula, Satas, collection Le Germe. Pile ou face. Une chose et son contraire. Une chose ou l’autre. Une vulnérabilité ou une force. Une crise et une opportunité. Vent debout. Les ouragans ne se nomment pas tous Irma, José, Maria. 

Livres en bouche. Jeanne-Marie Jourdren
Neuroscience et chamanisme : Les voies de l’illumination, David Perlmutter et Alberto Villoldo. A première vue, ce titre peut prêter à l’étonnement. Dans un deuxième temps, il annonce un livre innovant. En exposant le point commun unissant ces deux disciplines, l’état d’illumination, les auteurs, David Perlmutter, neurologue, et Alberto Villoldo, médecin-anthropologue et chaman, nous révèlent la façon dont chacun peut accéder à cet état particulier, longtemps décrit comme accessible uniquement aux moines, méditants ou chamans de pays lointains. 

Notes de lecture. Sophie Cohen
Manuel d’hypnothérapie digestive, Philippe de Saussure. Ce petit ouvrage est un véritable outil pratique lorsque vous accompagnez des patients qui souffrent de troubles fonctionnels digestifs. Spécialiste en gastro-entérologie, en hypnose, Philippe de Saussure partage au cours de ces 100 pages tout ses savoirs et savoir-faire. Il vous propose quelques scripts d’hypnose qu’il utilise lui-même. C’est un ouvrage précieux et complet. 

Mise à l’épreuve de la théorie du jeu de rôle. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, pour ce numéro nous avons invité un chercheur en neurosciences passionné d’hypnose et de musique. Avant de le laisser nous inviter dans un fabuleux voyage dans le cerveau (attention, accrochez-vous !), Cédric peux-tu te présenter ? 

Jeanne-Marie JOURDREN
Hypnothérapeute titulaire du Certificat Européen d’Hypnose. Kinésithérapeute en libéral. DES en... En savoir plus sur cet auteur



Rédigé le 22/03/2018 à 16:25 | Lu 80 fois modifié le 23/06/2018




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Dr Catherine WOLFF, médecin algologue, avec Laurent GROSS lors de la formation en hypnoanalgésie
Théo CHAUMEIL et Jeanne-Marie JOURDREN: Formation en Hypnose Médicale, module spécial kinésithérapeutes
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