LE CONTEXTE
Après des études en biologie et en neurophysiologie, j’ai entamé une reconversion professionnelle à 27 ans comme chirurgien-dentiste. J’avais eu la chance de travailler avec Patrick Lemoine au Vinatier dans un service de physiologie du sommeil et de sevrage médicamenteux. J’ai été formé par le professeur Michel Jouvet (découvreur du sommeil paradoxal) et Alain Buguet (spécialiste militaire du sommeil en milieu arctique) à la chirurgie et la polysomnographie. J’ai donc reçu une double formation en physiologie du cerveau et en psychologie. Je pratique l’hypnose depuis plus de dix années et je suis diplômé en analyse de la pratique de la faculté de psychologie de Lyon 2.
C’est la rencontre avec Gaston Brosseau en 2015 qui a changé définitivement ma pratique.
La plupart des patients qui me consultent pour des soins dentaires connaissent ma formation initiale de chercheur en neuropsychiatrie et d’enseignant en psychologie médicale. Ils me sont fréquemment adressés par des confrères que j’ai formés à la faculté ou dans des formations. Lors de mes cours à la faculté d’odontologie de Lyon, j’expliquais à mes étudiants que la dentisterie c’est cinquante pour cent de chirurgie, cinquante pour cent de psychiatrie. Je n’ai pas changé d’avis depuis vingt-cinq ans. Le pourcentage de patients atteints de phobies ou d’anxiété est, à mon avis, le plus élevé de toutes les spécialités médicales. C’est pourquoi, quelle que soit la situation clinique, j’utilise des techniques de communication thérapeutique pour améliorer la prise en charge. Mon assistante a une solide formation dans le domaine, si bien que nous formons un binôme très efficace. Mais nous n’évoquons que rarement le mot « hypnose ».
Dans l’exemple clinique que je vais vous présenter, nous verrons comment une induction hypnotique très banale peut avoir des effets positifs inattendus.
CAS CLINIQUE
Madame Z. est une patiente d’origine libanaise d’environ 45 ans qui présente depuis une dizaine d’années une sclérose en plaques (SEP), atteinte neurologique progressive et agressive qui impacte fortement sa motricité et sa fonction urinaire. Son expression orale est également affectée, avec notamment une difficulté à articuler. D’un niveau d’étude élevé (bac+5), elle vit assez mal sa perte progressive d’autonomie en dépit d’un environnement familial très favorable : un mari très présent et une fille de 16 ans attentive.
Depuis deux ans, elle doit se servir d’un fauteuil roulant pour les déplacements supérieurs à une centaine de mètres. Elle a recours à un déambulateur au quotidien chez elle ou pour les petits trajets et cherche au maximum à ne pas se faire aider. Elle porte à la jambe droite une orthèse qui maintient son tibia et sa cheville dans une position fixe, ce qui limite sa mobilité lorsqu’elle monte sur le fauteuil dentaire par exemple. Chaque mouvement est difficile et elle s’en plaint parfois, même si elle garde un certain humour sur la situation.
Lors des soins, elle présente parfois des mouvements désordonnés qu’elle ne peut pas contrôler et contre lesquels elle se sent impuissante. Elle culpabilise de créer une situation de soins qui serait inconfortable pour mon assistante et moi et dont elle pense qu’elle donne d’elle une image dégradante. Elle doit par ailleurs interrompre les soins à peu près toutes les heures pour aller aux toilettes. C’est une femme très agréable, soignée et élégante, qui cherche par tous les moyens à me faciliter les choses. Nous nous connaissons maintenant depuis cinq ans et j’ai vu lentement sa pathologie évoluer.
Les soins ne sont pas particulièrement compliqués en dehors des mouvements intempestifs impossibles à anticiper et qui pourraient générer des blessures avec les instruments que j’utilise. C’est un stress important pour l’équipe comme pour elle. Nous avons pourtant dans le passé réalisé des soins assez complexes, notamment des implants, mais depuis peu l’intensité des symptômes a augmenté, ce qui rend certains gestes risqués. Pour autant, je ne pense pas que l’évolution de sa SEP explique totalement ce changement dans la mesure où son neurologue traitant avec lequel j’échange régulièrement m’explique que son état est « stabilisé » par le traitement actuel. Il se déclare relativement satisfait de sa prise en charge en dépit de mes observations cliniques. J’ai fait alors l’hypothèse qu’autre chose était à l’œuvre, moins visible.
J’ai noté dans le comportement de Madame Z. une certaine forme d’agacement par rapport aux attentions de son mari (pourtant toujours très bienveillant) et de moi-même. Elle refuse par exemple que je lui offre mon bras pour rejoindre le fauteuil afin d’assurer sa marche hésitante, ce qu’elle acceptait volontiers auparavant. Elle se plaint plus fréquemment de son état physique et de ses difficultés à venir au cabinet en raison des trottoirs défoncés et du gravier qui « bloque les roues ». Autre point important, les pauses que j’ai mentionnées précédemment et dont j’ai mis très longtemps à comprendre la raison. Nous avons opté pour des séances longues pour « optimiser » les déplacements au cabinet qui sont évidemment complexes pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’elle doit être accompagnée par son mari en fauteuil, ce qui accentue sa dépendance. La seconde, c’est que des travaux importants ont lieu dans le quartier, rendant l’accès de mon cabinet complexe même pour des patients valides. Et la troisième, c’est que son mari, qui a de grosses responsabilités, voyage beaucoup entre Lyon et Paris : les consultations viennent impacter fortement
son activité professionnelle. Il est fréquent que nous ayons des rendez-vous de deux heures car elle a des soins de prothèse importants.
Lors de ses venues au cabinet, elle a un imposant sac avec elle dont la taille m’a toujours amusé jusqu’à ce que je comprenne sa vraie finalité : elle devait changer ses couches lors des pauses, ce qui constituait pour elle un moment nécessaire mais aussi assez humiliant pour une femme aussi jeune. Elle a fini par s’ouvrir à moi par rapport à ses problèmes urinaires un jour qu’elle était sur le fauteuil et j’ai eu l’opportunité de la rassurer sur la bienveillance de mon regard de soignant par rapport à cela. Ce fut un échange très bref et parfaitement « factuel » en apparence mais dont la portée ne pouvait m’échapper. Elle partageait avec moi un élément intime qui traduisait un état de souffrance psychique dont il me fallait tenir compte tout en gardant ma position de chirurgien-dentiste.
Je lui ai donc proposé d’utiliser des techniques d’hypnose pour la détendre et donner plus de confort lors des soins. Elle a immédiatement validé cette offre. Elle connaissait mon activité dans ce domaine mais ne m’avait jamais sollicité auparavant pour cela. Bien entendu, j’utilisais déjà, et depuis notre premier rendez-vous, de l’hypnose sous diverses formes mais cette fois j’ai véritablement annoncé que j’allais faire de l’hypnose.
J’ai utilisé à cette fin une boule. Je détaille la technique un peu plus loin dans la discussion. Je propose à la patiente d’imaginer qu’elle va refaire à pied le parcours entre chez elle et le cabinet de façon extrêmement facile en dépit de tous les obstacles qu’elle pourra rencontrer. Que ce soit un trottoir, un changement de revêtement, la présence de gravier ou de matériaux de chantier sur son chemin, rien ne pourra l’empêcher d’avancer. Elle pourra même élégamment enjamber sans effort les plus gros cailloux. Je lui propose de prendre plaisir à cet exercice où elle va retrouver toute sa souplesse initiale et son agilité. Libre à elle de faire ce parcours à son rythme.
La séance se passe extrêmement bien et je peux réaliser l’intégralité de mon programme très tranquillement avec un grand confort à la fois pour la patiente, pour l’assistante et pour moi-même. Une fois les soins terminés, j’observe un grand sourire sur les lèvres de ma patiente. Elle a les larmes aux yeux et elle me confie : « C’est merveilleux, j’ai couru. Cela ne m’est pas arrivé depuis tellement d’années ! Je courais tellement vite que je volais sur le macadam. » J’ai redressé le fauteuil et je n’en ai pas demandé plus. L’assistante était très émue comme moi car nous avions conscience tous les trois que nous avions vécu quelque chose d’un peu extraordinaire. Une sorte de parenthèse enchantée dans une vie amputée par la maladie. Il m’est immédiatement venu en tête le titre de cet article : « Elle courait dans sa tête ».
Depuis cette séance, la patiente réclame sa boule, toujours la même, pour tous les soins. Elle a parfaitement intégré le protocole, de sorte que nous n’avons pratiquement plus rien à faire puisqu’elle gère de façon autonome son anxiété. Elle n’a fait aucun commentaire sur cette séance d’hypnose et je me suis bien gardé d’en faire de mon côté.
DISCUSSION
Un peu de technique mais pas trop...
Il n’était pas question dans cette situation de proposer une hypnose formelle telle qu’enseignée dans de nombreuses formations. Pourquoi ? Il n’y a aucune demande particulière de la part de la patiente à ce niveau-là, d’une part, et d’autre part mon expérience clinique ne valide pas cette approche dans cette situation précise.
Je m’en explique. Je reçois fréquemment des patients en bout de chaîne, qui ont épuisé les praticiens les uns après les autres sans grand résultat et pour qui je représente parfois l’ultime recours avant l’anesthésie générale. Cette position a paradoxalement un avantage : je ne peux pas faire pire que mes prédécesseurs puisque mon échec est presque programmé. Les patients n’attendent plus de miracle mais juste un peu mieux. Même dans la situation où un miracle est espéré, cela me place dans une situation assez favorable car la motivation des patients est très forte. Je préviens que je vais faire de mon mieux mais que je ne suis pas Dieu.
Il n’est pas rare que ces patients aient vu en consultation un psychologue pour une séance d’hypnose formelle pour traiter leur phobie des soins dentaires. Cette séance échoue le plus souvent face à la vraie situation de soins pour de multiples raisons, mais la plus évidente c’est qu’il existe peu de situations de soins aussi stressantes et qui demandent autant de la part du patient immobilité, calme et... patience.
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Après des études en biologie et en neurophysiologie, j’ai entamé une reconversion professionnelle à 27 ans comme chirurgien-dentiste. J’avais eu la chance de travailler avec Patrick Lemoine au Vinatier dans un service de physiologie du sommeil et de sevrage médicamenteux. J’ai été formé par le professeur Michel Jouvet (découvreur du sommeil paradoxal) et Alain Buguet (spécialiste militaire du sommeil en milieu arctique) à la chirurgie et la polysomnographie. J’ai donc reçu une double formation en physiologie du cerveau et en psychologie. Je pratique l’hypnose depuis plus de dix années et je suis diplômé en analyse de la pratique de la faculté de psychologie de Lyon 2.
C’est la rencontre avec Gaston Brosseau en 2015 qui a changé définitivement ma pratique.
La plupart des patients qui me consultent pour des soins dentaires connaissent ma formation initiale de chercheur en neuropsychiatrie et d’enseignant en psychologie médicale. Ils me sont fréquemment adressés par des confrères que j’ai formés à la faculté ou dans des formations. Lors de mes cours à la faculté d’odontologie de Lyon, j’expliquais à mes étudiants que la dentisterie c’est cinquante pour cent de chirurgie, cinquante pour cent de psychiatrie. Je n’ai pas changé d’avis depuis vingt-cinq ans. Le pourcentage de patients atteints de phobies ou d’anxiété est, à mon avis, le plus élevé de toutes les spécialités médicales. C’est pourquoi, quelle que soit la situation clinique, j’utilise des techniques de communication thérapeutique pour améliorer la prise en charge. Mon assistante a une solide formation dans le domaine, si bien que nous formons un binôme très efficace. Mais nous n’évoquons que rarement le mot « hypnose ».
Dans l’exemple clinique que je vais vous présenter, nous verrons comment une induction hypnotique très banale peut avoir des effets positifs inattendus.
CAS CLINIQUE
Madame Z. est une patiente d’origine libanaise d’environ 45 ans qui présente depuis une dizaine d’années une sclérose en plaques (SEP), atteinte neurologique progressive et agressive qui impacte fortement sa motricité et sa fonction urinaire. Son expression orale est également affectée, avec notamment une difficulté à articuler. D’un niveau d’étude élevé (bac+5), elle vit assez mal sa perte progressive d’autonomie en dépit d’un environnement familial très favorable : un mari très présent et une fille de 16 ans attentive.
Depuis deux ans, elle doit se servir d’un fauteuil roulant pour les déplacements supérieurs à une centaine de mètres. Elle a recours à un déambulateur au quotidien chez elle ou pour les petits trajets et cherche au maximum à ne pas se faire aider. Elle porte à la jambe droite une orthèse qui maintient son tibia et sa cheville dans une position fixe, ce qui limite sa mobilité lorsqu’elle monte sur le fauteuil dentaire par exemple. Chaque mouvement est difficile et elle s’en plaint parfois, même si elle garde un certain humour sur la situation.
Lors des soins, elle présente parfois des mouvements désordonnés qu’elle ne peut pas contrôler et contre lesquels elle se sent impuissante. Elle culpabilise de créer une situation de soins qui serait inconfortable pour mon assistante et moi et dont elle pense qu’elle donne d’elle une image dégradante. Elle doit par ailleurs interrompre les soins à peu près toutes les heures pour aller aux toilettes. C’est une femme très agréable, soignée et élégante, qui cherche par tous les moyens à me faciliter les choses. Nous nous connaissons maintenant depuis cinq ans et j’ai vu lentement sa pathologie évoluer.
Les soins ne sont pas particulièrement compliqués en dehors des mouvements intempestifs impossibles à anticiper et qui pourraient générer des blessures avec les instruments que j’utilise. C’est un stress important pour l’équipe comme pour elle. Nous avons pourtant dans le passé réalisé des soins assez complexes, notamment des implants, mais depuis peu l’intensité des symptômes a augmenté, ce qui rend certains gestes risqués. Pour autant, je ne pense pas que l’évolution de sa SEP explique totalement ce changement dans la mesure où son neurologue traitant avec lequel j’échange régulièrement m’explique que son état est « stabilisé » par le traitement actuel. Il se déclare relativement satisfait de sa prise en charge en dépit de mes observations cliniques. J’ai fait alors l’hypothèse qu’autre chose était à l’œuvre, moins visible.
J’ai noté dans le comportement de Madame Z. une certaine forme d’agacement par rapport aux attentions de son mari (pourtant toujours très bienveillant) et de moi-même. Elle refuse par exemple que je lui offre mon bras pour rejoindre le fauteuil afin d’assurer sa marche hésitante, ce qu’elle acceptait volontiers auparavant. Elle se plaint plus fréquemment de son état physique et de ses difficultés à venir au cabinet en raison des trottoirs défoncés et du gravier qui « bloque les roues ». Autre point important, les pauses que j’ai mentionnées précédemment et dont j’ai mis très longtemps à comprendre la raison. Nous avons opté pour des séances longues pour « optimiser » les déplacements au cabinet qui sont évidemment complexes pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’elle doit être accompagnée par son mari en fauteuil, ce qui accentue sa dépendance. La seconde, c’est que des travaux importants ont lieu dans le quartier, rendant l’accès de mon cabinet complexe même pour des patients valides. Et la troisième, c’est que son mari, qui a de grosses responsabilités, voyage beaucoup entre Lyon et Paris : les consultations viennent impacter fortement
son activité professionnelle. Il est fréquent que nous ayons des rendez-vous de deux heures car elle a des soins de prothèse importants.
Lors de ses venues au cabinet, elle a un imposant sac avec elle dont la taille m’a toujours amusé jusqu’à ce que je comprenne sa vraie finalité : elle devait changer ses couches lors des pauses, ce qui constituait pour elle un moment nécessaire mais aussi assez humiliant pour une femme aussi jeune. Elle a fini par s’ouvrir à moi par rapport à ses problèmes urinaires un jour qu’elle était sur le fauteuil et j’ai eu l’opportunité de la rassurer sur la bienveillance de mon regard de soignant par rapport à cela. Ce fut un échange très bref et parfaitement « factuel » en apparence mais dont la portée ne pouvait m’échapper. Elle partageait avec moi un élément intime qui traduisait un état de souffrance psychique dont il me fallait tenir compte tout en gardant ma position de chirurgien-dentiste.
Je lui ai donc proposé d’utiliser des techniques d’hypnose pour la détendre et donner plus de confort lors des soins. Elle a immédiatement validé cette offre. Elle connaissait mon activité dans ce domaine mais ne m’avait jamais sollicité auparavant pour cela. Bien entendu, j’utilisais déjà, et depuis notre premier rendez-vous, de l’hypnose sous diverses formes mais cette fois j’ai véritablement annoncé que j’allais faire de l’hypnose.
J’ai utilisé à cette fin une boule. Je détaille la technique un peu plus loin dans la discussion. Je propose à la patiente d’imaginer qu’elle va refaire à pied le parcours entre chez elle et le cabinet de façon extrêmement facile en dépit de tous les obstacles qu’elle pourra rencontrer. Que ce soit un trottoir, un changement de revêtement, la présence de gravier ou de matériaux de chantier sur son chemin, rien ne pourra l’empêcher d’avancer. Elle pourra même élégamment enjamber sans effort les plus gros cailloux. Je lui propose de prendre plaisir à cet exercice où elle va retrouver toute sa souplesse initiale et son agilité. Libre à elle de faire ce parcours à son rythme.
La séance se passe extrêmement bien et je peux réaliser l’intégralité de mon programme très tranquillement avec un grand confort à la fois pour la patiente, pour l’assistante et pour moi-même. Une fois les soins terminés, j’observe un grand sourire sur les lèvres de ma patiente. Elle a les larmes aux yeux et elle me confie : « C’est merveilleux, j’ai couru. Cela ne m’est pas arrivé depuis tellement d’années ! Je courais tellement vite que je volais sur le macadam. » J’ai redressé le fauteuil et je n’en ai pas demandé plus. L’assistante était très émue comme moi car nous avions conscience tous les trois que nous avions vécu quelque chose d’un peu extraordinaire. Une sorte de parenthèse enchantée dans une vie amputée par la maladie. Il m’est immédiatement venu en tête le titre de cet article : « Elle courait dans sa tête ».
Depuis cette séance, la patiente réclame sa boule, toujours la même, pour tous les soins. Elle a parfaitement intégré le protocole, de sorte que nous n’avons pratiquement plus rien à faire puisqu’elle gère de façon autonome son anxiété. Elle n’a fait aucun commentaire sur cette séance d’hypnose et je me suis bien gardé d’en faire de mon côté.
DISCUSSION
Un peu de technique mais pas trop...
Il n’était pas question dans cette situation de proposer une hypnose formelle telle qu’enseignée dans de nombreuses formations. Pourquoi ? Il n’y a aucune demande particulière de la part de la patiente à ce niveau-là, d’une part, et d’autre part mon expérience clinique ne valide pas cette approche dans cette situation précise.
Je m’en explique. Je reçois fréquemment des patients en bout de chaîne, qui ont épuisé les praticiens les uns après les autres sans grand résultat et pour qui je représente parfois l’ultime recours avant l’anesthésie générale. Cette position a paradoxalement un avantage : je ne peux pas faire pire que mes prédécesseurs puisque mon échec est presque programmé. Les patients n’attendent plus de miracle mais juste un peu mieux. Même dans la situation où un miracle est espéré, cela me place dans une situation assez favorable car la motivation des patients est très forte. Je préviens que je vais faire de mon mieux mais que je ne suis pas Dieu.
Il n’est pas rare que ces patients aient vu en consultation un psychologue pour une séance d’hypnose formelle pour traiter leur phobie des soins dentaires. Cette séance échoue le plus souvent face à la vraie situation de soins pour de multiples raisons, mais la plus évidente c’est qu’il existe peu de situations de soins aussi stressantes et qui demandent autant de la part du patient immobilité, calme et... patience.
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Dr Thierry Hueber
Chercheur en neuropsychiatrie. Chirurgien-dentiste. Analyste de la pratique. Président du Groupe lyonnais de recherche en psychologie médicale. Formé à l’hypnose
depuis 2015. Hypnothérapeute. Auteur en 2024 de « Gaston Brosseau, la liberté de ne rien faire », un documentaire cinéma sur Gaston Brosseau. Conférencier en France, au Sénégal, au Québec.
depuis 2015. Hypnothérapeute. Auteur en 2024 de « Gaston Brosseau, la liberté de ne rien faire », un documentaire cinéma sur Gaston Brosseau. Conférencier en France, au Sénégal, au Québec.
Dans la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 79.
DEPRESSION
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°79…
8 / Éditorial : Le partage de l’imaginaire pour faire émerger des ressources Julien Betbèze
10 / En couverture : Gabrielle Grimaldi Pics et dentelles d’aquarelle Sophie Cohen
12 / Hypnose et imagination créatrice Une poétique de l’action Alexandru Cupaciu.
16 / Acrophobie Externaliser pour se réassocier et retrouver le souffle Anne Malraux
26 / Hypnose de spectacle et hypnose clinique. Deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique Fabrice Lakdja et Gérard Ostermann
32 / Quel est le premier souvenir qui vient ? Dissoudre une problématique figée en s’appuyant sur un souvenir source Michel Lamarlère
44 / Du divan au fauteuil Sortir de la répétition des schémas relationnels antérieurs Sylvie Le Pelletier-Beaufond
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
50 / Introduction Gérard Ostermann
54 / Encoprésie et Caca farceur Dessine-moi ton problème Corinne Paillette
62 / L’anéjaculation Quand la panne sex-prime Karine Ficini
73 / Boules de couleur en chirurgie dentaire « Elle courait dans sa tête » Thierry Hueber
84 / DOSSIER DÉPRESSION
86 / Défaut et faute : Les agents doubles de la dépression Wilfrid Martineau
96 / Dépression et renoncement Mouvement de bascule et choix Alain Vallée
QUIPROQUO
104 / Renoncement S. Colombo, Muhuc
BONJOUR ET APRÈS...
108 / Denise, Son sommeil abîmé et ses cauchemars Sophie Cohen
LES CHAMPS DU POSSIBLE
112 / L’écho silencieux : Quand le corps du thérapeute devient miroir du traumatisme Adrian Chaboche
CULTURE MONDE
116 / La naissance à l’envers. Restaurer les potentiels d’auto-guérison Sylvie Le Pelletier- Beaufond
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
124 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Gabrielle Grimaldi
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°79…
8 / Éditorial : Le partage de l’imaginaire pour faire émerger des ressources Julien Betbèze
10 / En couverture : Gabrielle Grimaldi Pics et dentelles d’aquarelle Sophie Cohen
12 / Hypnose et imagination créatrice Une poétique de l’action Alexandru Cupaciu.
16 / Acrophobie Externaliser pour se réassocier et retrouver le souffle Anne Malraux
26 / Hypnose de spectacle et hypnose clinique. Deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique Fabrice Lakdja et Gérard Ostermann
32 / Quel est le premier souvenir qui vient ? Dissoudre une problématique figée en s’appuyant sur un souvenir source Michel Lamarlère
44 / Du divan au fauteuil Sortir de la répétition des schémas relationnels antérieurs Sylvie Le Pelletier-Beaufond
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
50 / Introduction Gérard Ostermann
54 / Encoprésie et Caca farceur Dessine-moi ton problème Corinne Paillette
62 / L’anéjaculation Quand la panne sex-prime Karine Ficini
73 / Boules de couleur en chirurgie dentaire « Elle courait dans sa tête » Thierry Hueber
84 / DOSSIER DÉPRESSION
86 / Défaut et faute : Les agents doubles de la dépression Wilfrid Martineau
96 / Dépression et renoncement Mouvement de bascule et choix Alain Vallée
QUIPROQUO
104 / Renoncement S. Colombo, Muhuc
BONJOUR ET APRÈS...
108 / Denise, Son sommeil abîmé et ses cauchemars Sophie Cohen
LES CHAMPS DU POSSIBLE
112 / L’écho silencieux : Quand le corps du thérapeute devient miroir du traumatisme Adrian Chaboche
CULTURE MONDE
116 / La naissance à l’envers. Restaurer les potentiels d’auto-guérison Sylvie Le Pelletier- Beaufond
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
124 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Gabrielle Grimaldi







