Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou



Dr Aurore Marcou, Médecin anesthésiste réanimateur et hypnothérapeute, Institut Curie, Paris.


Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet.

Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ? Autant d’interrogations que cache l’anodine et récurrente question : « N’est-ce pas trop dur de travailler dans un centre de cancérologie ? »

Cette question, je l’avais moi-même posée à mon ancien chef de service. Nous étions debout dans les couloirs qu’il me faisait visiter pour la première fois. Angoisse soudaine de la jeune embauchée. Allais-je pouvoir rester longtemps dans cette maison ? Il a alors esquissé un sourire doux et amusé, s’est assis, et là, sur le palier, nous avons commencé à échanger. Je n’étais pas formée à l’hypnose, lui non plus ; mais il la pratiquait sans le savoir. « Il faut rendre les choses ludiques pour le patient, et puis aussi pour soi ! » Comment « jouer » quand l’autre a une maladie grave ? Ce conseil sibyllin accompagnait mes premiers pas d’anesthésiste en cancérologie.

Dans les deux ans qui suivirent, je me suis formée. L’hypnose m’a fait travailler mon attitude à l’autre, fruit jusque-là de ma spontanéité plus ou moins heureuse. Observer, écouter, décrypter l’autre. Comprendre ce qu’il exprime au-delà des mots. L’hypnose m’a appris à communiquer. Comment aborder, informer des risques de l’anesthésie sans induire d’émotions inutiles ? Comment sortir de l’inconfort de voir l’autre souffrir, sans se réfugier derrière les remparts du jargon médical ? Comment ne plus le renvoyer à la dichotomie traditionnelle « votre mental va mal, mais ce n’est pas de mon ressort, je ne m’occupe que de votre corps… ».

Plutôt que de se laisser submerger par la souffrance de l’autre, devenir actif. Je peux aider en tendant les mots utiles au bon moment. Je peux aider en tendant une suggestion, une métaphore, un rêve. Communiquer en tant que thérapeute, c’est avoir conscience de la vulnérabilité du patient, être dans le souci de le respecter, de ne l’emmener que dans des directions qui lui seront utiles. Etre hypnothérapeute, c’est avoir à cœur cette éthique de la relation soignante, pour rester thérapeute avant tout. Faire découvrir avec l’hypnose d’autres chemins, guider vers le changement, oui certes, mais toujours dans le respect de l’autre. J’ai alors appris à avoir confiance en moi, en ayant confiance en l’autre, en ses ressources puissantes.

L’hypnose a franchi les portes de l’anesthésie. Elle y fait ses preuves les plus robustes, dans ce monde éminemment technique, bordé de protocoles, où le relationnel a en apparence si peu de place. Pour quelles raisons ? L’anesthésie est une effrayante inconnue. Comment ne pas craindre de livrer son corps à autrui ? Comment ne pas redouter ce moment où la conscience glisse vers le néant ? Comment ne pas y voir l’angoisse de mort universelle si naturelle ? L’anesthésiste est là, à assister à toutes ces peurs : quand le patient s’endort, quand il s’éveille, quand il réalise… Et le temps presse, toujours. Si peu de temps pour faire la connaissance de l’autre qu’on rencontre pour la première fois ; si peu de temps, entre check-lists, électrodes, perfusion, injection, pour savoir qui il est, ce qu’il ressent. Et pourtant, il a l’intuition que les quelques mots qu’il peut lui glisser avant qu’il ne s’endorme, ces mots-là ont une force incroyable.


Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.

Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 

Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.

Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 

En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.


Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 

Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 

Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ? 

Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.

« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 

Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 

L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 

Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.

La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 

Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 

Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 




Rédigé le 11/01/2018 à 15:48 | Lu 243 fois modifié le 04/03/2018




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